mercredi 22 octobre 2014

Les origines du Tarot (4)



Revenant à la mode au XIXème siècle, le tarot de Marseille connaît un nouvel essor grâce aux impressions du cartier Lequart, racheté ensuite par la maison Grimaud
A Marseille, Jean-Baptiste Camoin récupère la fabrique de Nicolas Conver et fait basse sur tout le marché de la carte à jouer dans la cité phocéenne. Modernisant ses moyens de production, il publie notamment en 1880 une version modifié du tarot de Nicolas Conver avec une palette de couleurs restreinte adaptée aux nouveaux modes de production industrielle.  
Au XXème siècle, le tarot Grimaud supplante les modèles italiens qui disparaissent de la production. Paul Marteau édite alors une nouvelle version modifiée et restaurée de l’édition Camoin qui perdure jusqu’à nos jours. 
Il faut attendre 1998 pour que Jodorowski et un descendant de la famille Camoin en restaurent les couleurs d’origine. D’autres jeux, comme ceux de Jean Noblet ou de Jean Dodal sont également restaurés et proposés au public, notamment sous l’impulsion de Jean-Claude Fornoy. 

1: Version Grimaud restaurée / 2 : Version Camoin restaurée / 3 : Version Noblet restaurée / 4 : Version Dodal restaurée
Parallèlement, de nouveaux tarots sont créés. Citons celui du célèbre Papus (1910) ou celui d’Oswald Wirth, franc-maçon et ésotériste célèbre qui publie un tarot des imagiers du Moyen-Age (1927), en y ajoutant certains symboles et les 22 lettres hébraïques.
Dans le monde anglo-saxon, des avatars des tarots français sont également conçus sur le modèle des tarots de Marseille. Principalement destinés à la cartomancie, ils connaissent un grand succès et inversent généralement les cartes de la Justice et de la Force. Citons entre autre le Rider Tarot d’Arthur-Edward Waite (1910) qui s’inspire des enseignements d’Eliphas Lévi et de l’influence de la Golden Dawn ou encore le Morgan-Greer (1970). Depuis, d’innombrables jeux ont vu jour, dont le tarot Zen, s’inspirant de l’enseignement d’Osho Rajneesh.
1 : Oswald Wirth / 2 : Rider Waite / 3 : Morgan Greer / 4 : Tarot Zen

 

Les origines du Tarot (3)



Trois jeux de tarot nous sont parvenus du XVII ème siècle. 
Le premier est un jeu parisien anonyme, le second est celui dit de Jean Noblet (1650) et le troisième celui de Jacques Viéville (même date), actuellement conservé dans son intégralité. Comportant tous 78 cartes, ils reprennent les influences milanaises et bolognaises.
La plus ancienne règle du jeu conservée date également de cette époque. Elle fut rédigée par l’abbé Michel de Marolles et imprimée à Nevers en 1637. 
1 : Tarot parisien anonyme / 2 : Tarot de Jean Noblet / 3 : Tarot de Jacques Viéville

Au XVIIIème siècle, les tarots de Jean Dodal (Lyon, 1701), Pierre Madenié (Dijon, 1709), Jean-Pierre Payen (Avignon, 1713), François Chosson (1736) François Tourcaty (Marseille, 1745), Claude Burdel (Fribourg, 1751) et Nicolas Conver (Marseille, 1760) sont incontestablement les plus répandus.
1 : Jean Dodal / 2 : François Chosson / 3 : Jean-Pierre Payen / 4 : Nicolas Conver
Déclinant pourtant en France, à l’exception de la Provence, les tarots dits de Marseille sont surtout destinés à l’exportation (Allemagne, Piémont) et assimilés à des jeux de carte ordinaires. Avec les cartiers du sud-est de la France, ce sont peu à peu les Allemands qui impriment la majorité des jeux, abandonnant les modèles italiens, leur préférant les enseignes françaises.

A la fin du siècle, se développent les tarots dits de Besançon qui reprennent la majorité des atouts à l’exception du pape et de la papesse. Apparaissent également le tarot ésotérique de Court de Gébelin (1780), le tarot divinatoire d’Etteilla (1785) ou encore le jeu de Mlle Lenormand, qui connaît un grand succès sous la Révolution française.
Tarot d'Etteilla

A suivre ...